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                             par Erregina

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 01:00



          ......Nous avons beaucoup travaillé, non pas sur l'installation du site, Alberto était un expert mais sur le conditionnement car l'idée pour poète est un produit périssable. Nous faisions tous deux équipe et nous portions le projet avec jouissance, l'un en trouvant les idées et l'autre, en assurant la fraîcheur. Entre la commande et la livraison, il fallait être le plus rapide possible. Nous avons dû recruter un spécialiste du  temps et Cheng arriva au courant de l'été.


     Cheng appartenait à la huitième génération d'une lignée de lettrés chinois. Il avait quarante ans et vivait en France depuis dix ans. Il était professeur à l'institut de la pensée actuelle à Paris. Il habitait dans le sud-ouest car il y étudiait la population dans le cadre de sa thèse sur le temps. A ses trente ans, il quitta la Chine afin de se mettre à l'épreuve. Il disait vouloir être dérangé par la pensée française pour mieux comprendre la pensée chinoise. Ses amis de l'époque avaient souri lorsqu'il refusa un poste de conférencier à l'université de Pékin.


          Son premier dérangement en changeant de pensée fut le temps. Cheng nous convint de ne pas chercher à raccourcir le temps, nous faisions fausse route. Il avait raison. Nous devions raccourcir l'idée et non pas le temps. Cheng nous demanda l'été pour nous rendre son étude de faisabilité. Il nous conseilla de partir en vacances.


Alberto partit à Bali. Je pris l'option de flotter pendant deux mois sur un matelas gonfable au bord de la Côte d'Azur.


  A notre retour de vacances, Cheng nous expliqua sa thèse de l'idée courte. Plus l'idée est courte, plus elle garde sa fraîcheur et plus elle est éternelle. Il nous donna pour preuve, les poèmes haïku. Pour Alberto et moi, ce fut une découverte de premier plan. En proposant à la vente des idées courtes, elle devenaient éternelles et exploitables à l'infini par le poète. Je relevai les tarifs tant cet achat devenait intéressant pour l'acheteur. Nous avions un concurrent qui venait de s'installer sur ebuy mais il était resté aux idées longues et dut bientôt brader son stock d'idées car ses affaires périclitaient. Cheng nous expliqua que c'était le défaut des idées de la pensée française.


A utiliser trop d'idées longues, elles se démodent très vite. Il précisa que c'était déjà le défaut de la pensée grecque.....( à suivre )

 

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