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  De la lecture chaque jour pour nourrir votre vie.
                             par Erregina

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 01:00



.......Elle erre sur le parking. Quand l'entraîneur s'approche d'elle, elle est muette et blottie sous une table de ciment servant au pique nique des autoroutiers. Il avait prévu une dose de Malatine concentrée qu'il lui administre sous forme d'injection.


Sélavie, une ambulancière de l'hôpital d'Albi fait route vers l'aire de repos des Anges. La dose concentrée de Malatine devrait faire effet dans l'heure.


Lorsque Sélavie arrive, elle se trouve toujours dans son repère de ciment. Elle est recroquevillée avec une telle tension qu'il est impossible de la bouger sans prendre le risque d'une nouvelle violence.


           Sélavie est venue dans l'urgence, elle ne sait pas très bien ce qui se passe, l'entraîneur se présente et raconte l'évènement. Sélavie est depuis longtemps dans le métier, elle a de la sympathie pour Toulouse, elle est diplômée de l'école de la Croix Rouge de cette ville, un souvenir ancien. Elle a entendu parler du club de fous toulousain et elle prend conscience qu'elle va transporter une championne régionale et peut être prochainement championne nationale.


Slobodan s'est endormi dans l'ambulance dès que l'entraîneur l'a installé dans le véhicule après l'évènement. Il ne faut pas tarder, la décision a été prise de continuer vers Paris.


Dans une ancienne vie, Sélavie a pratiqué le football, elle faisait partie de l'équipe de France qui rencontra l'équipe de Chine en match amical. Nous étions dans les années 2000, c'était à saint Denis, peu de temps avant la construction de l'océan parisien. La réussite de ce site nouveau encouragea les politiques dans leur décision de rehausser le mont Valérien de la hauteur nécessaire afin de construire le Mont Blanc parisien.


    Sélavie sait parler aux championnes........( à suivre  demain)


(Début de Folle de Pékin en page 10)

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 01:00



.......Sacha a organisé son assiette, les pommes de terre poussées en haut et à gauche, la feuille de salade, peu domptable, de suite mangée; il lui reste assez de place pour découper sa viande, d'autant que l'os demande un savoir faire.


Quand elle eut accumulé suffisamment de force, elle prit son souffle et ressembla à un sumo au combat. Sacha achevait de découper sa viande. Elle décrispa les poignets, toute son énergie se trouvait là. Lorsque ses mains se saisissent de son assiette, sa bouche se libère en un cri qui se propage au-delà du petit salon particulier.


Le serveur, le chef de rang, le directeur essaient de tout gérer. L'attroupement des autoroutiers venus se restaurer, elle qui court dans tous les sens en criant et Sacha couvert de sang!


La sirène des pompiers couvrent l'affolement. Devant la porte du restaurant, un lit médicalisé est sorti de l'ambulance de couleur rouge, la couleur du club des fous de Lille; quatre pompiers le poussent en courant, ils ne connaissent pas la nature des blessures de Sacha.


Le choc a été violent.


  Ses mains avaient la force de deux outils très performants et quand Sacha esquisse un lever de tête, elle est prête. Il reçoit l'assiette en plein visage, les pommes de terre encore très chaudes, en s'écrasant, lui brûlent une grande partie de la joue droite et du front, mais le plus terrible fut l'os. L'os du morceau de viande lui endommage l'oeil gauche qui saigne.


"Une perforation de l'oeil" dit un pompier........( à suivre demain)

(Début de Folle de Pékin en page 9)

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 01:00

 

 

 

.....Sacha gare l'ambulance le plus près possible du restaurant. Malgré les regards soutenus de Slobodan à son égard, elle est calme. Le préparateur psychique s'est aperçu d'une tension chez Slobodan. Il sait que les gouttes de Zolovan lui conviennent, à condition de ne pas aller au-delà de trente. C'est la posologie qu'il a décidé mais il se sent nerveux de le sentir tendu. Il a confiance en elle, la Malatine lui a toujours convenu. Il se rassure en pensant que l'infirmier du club a certainement respecté la posologie pour Slobodan, mais il fait part à l'entraîneur de son observation. Ensemble, ils décident d'organiser le repas à deux tables séparées. Elle mangera avec Sacha et Slobodan sera à une autre table avec eux deux.


Cette décision fut une erreur fatale.


Une entrée de crudités est bienvenue en ce début d'été naissant, nos voyageurs apprécient. Quand le serveur dépose devant elle le plat suivant, elle serre les poings et se raidit fortement sur sa chaise. Sacha commence à manger, le nez dans son assiette. Elle le surveille en accumulant toute l'énergie dont elle a besoin. A l'autre table, chacun s'affaire à découper son morceau de viande.

Une énorme bouffée de chaleur envahit l'ensemble de son corps, elle ressent comme une tourmente. Elle surveille Sacha, elle ne voit que lui, une cécité de tout le reste s'installe. Il ne faut pas qu'elle le quitte des yeux. Il ne faut pas qu'elle rate le moment......( à suivre demain )

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 01:00



......Le départ est prévu à dix heures précises de Toulouse. Elle s'est levée tôt après une nuit sans aucune agitation. L'entraîneur a été formel, aucun délire avant Paris. Son préparateur psychique a bien fait les choses, le traitement a été efficace. Au petit matin, à six heures, pas la moindre idée délirante. L'effet des produits doit se poursuivre durant tout le trajet. Ils sont deux à avoir été repérés par le sélectionneur de l'équipe nationale. Slobodan fait partie du voyage.


L'hôpital de Toulouse avait prévu le déplacement en avion mais la pressurisation provoque parfois des délires de persécution; Slobodan en avait été victime lors de son transfert de Sarajevo à Toulouse.


Un véhicule ambulance de la dernière génération s'avance devant l'entrée principale de l'hôpital. Sacha, l'ambulancier, indique à chacun sa place, le confort est maximum. Elle s'installe à l'arrière en compagnie de Slobodan, ils occupent deux fauteuils convertibles en lits. L'entraîneur et le préparateur psychique s'installent sur les sièges entre Sacha et les deux champions. Plusieurs arrêts sont prévus dont un sur l'autoroute, à l'aire de repos des anges pour prendre un repas. Sacha a été chargé de retenir un petit salon au restaurant la passerelle. En cette saison d'été, il est important d'isoler nos deux sélectionnés pour le repas.


 Pour Sacha, c'est une grande responsabilité qui lui est confiée. Il le vit comme un honneur. Il a déjà fait ses preuves en transportant Slobodan, en plein délire de persécution à sa descente d'avion, il y a six mois.



Dans le club de fous de Toulouse, il manquait un spécialiste du délire de persécution et cela devenait de plus en plus handicapant lors des rencontres. Le président du club connaissait bien Slobodan qu'il avait vu lors d'une compétition à Zagreb. Ce fut un bon choix. Sa dernière prestation, lors d'un délire amical avec le club de Bordeaux fut reconnue par tous les psychiatres comme de très haut niveau.......( à suivre demain )
 
Début de Folle de pékin à lire en page 7


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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 01:00




.....Je devins très proche de Cheng, je le présentai à tous mes amis. Certains ne le comprenaient pas, surtout lorsqu'il abordait sa recherche sur le temps. Il parlait du temps des saisons et s'interrogeait sur notre temps d'horloge.
 

         A Paris, il constata l'exclusivité du temps d'horloge mais découvrit, lors d'un voyage dans le sud, une population hybride. Afin de mieux l'étudier, il décida d'habiter dans le sud -ouest, en plein coeur de la campagne Lot et Garonnaise dans un village près de Duras. Marguerite y avait séjourné, cela lui plaisait bien.



       Il me racontait les gens de cette région, installés entre le temps des saisons et le temps d'horloge. Des gens entre la pensée française et la pensée chinoise, en quelque sorte. Cela l'avait beaucoup surpris mais réjoui. Il retrouvait l'esprit de ses ancêtres lettrés chinois qui avaient toujours été guidés par l'opportunité plutôt que par le temps, par la situation plutôt que par l'horloge, par la nature plutôt que par la pensée."


Arrêt de transcription à dix heures trente deux minutes et vingt secondes. Visite du médecin psychiatre. Manuelo est calme.............( à suivre )

 

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 01:00



          ......Nous avons beaucoup travaillé, non pas sur l'installation du site, Alberto était un expert mais sur le conditionnement car l'idée pour poète est un produit périssable. Nous faisions tous deux équipe et nous portions le projet avec jouissance, l'un en trouvant les idées et l'autre, en assurant la fraîcheur. Entre la commande et la livraison, il fallait être le plus rapide possible. Nous avons dû recruter un spécialiste du  temps et Cheng arriva au courant de l'été.


     Cheng appartenait à la huitième génération d'une lignée de lettrés chinois. Il avait quarante ans et vivait en France depuis dix ans. Il était professeur à l'institut de la pensée actuelle à Paris. Il habitait dans le sud-ouest car il y étudiait la population dans le cadre de sa thèse sur le temps. A ses trente ans, il quitta la Chine afin de se mettre à l'épreuve. Il disait vouloir être dérangé par la pensée française pour mieux comprendre la pensée chinoise. Ses amis de l'époque avaient souri lorsqu'il refusa un poste de conférencier à l'université de Pékin.


          Son premier dérangement en changeant de pensée fut le temps. Cheng nous convint de ne pas chercher à raccourcir le temps, nous faisions fausse route. Il avait raison. Nous devions raccourcir l'idée et non pas le temps. Cheng nous demanda l'été pour nous rendre son étude de faisabilité. Il nous conseilla de partir en vacances.


Alberto partit à Bali. Je pris l'option de flotter pendant deux mois sur un matelas gonfable au bord de la Côte d'Azur.


  A notre retour de vacances, Cheng nous expliqua sa thèse de l'idée courte. Plus l'idée est courte, plus elle garde sa fraîcheur et plus elle est éternelle. Il nous donna pour preuve, les poèmes haïku. Pour Alberto et moi, ce fut une découverte de premier plan. En proposant à la vente des idées courtes, elle devenaient éternelles et exploitables à l'infini par le poète. Je relevai les tarifs tant cet achat devenait intéressant pour l'acheteur. Nous avions un concurrent qui venait de s'installer sur ebuy mais il était resté aux idées longues et dut bientôt brader son stock d'idées car ses affaires périclitaient. Cheng nous expliqua que c'était le défaut des idées de la pensée française.


A utiliser trop d'idées longues, elles se démodent très vite. Il précisa que c'était déjà le défaut de la pensée grecque.....( à suivre )

 

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 01:00


....Alors que Mia réfléchissait depuis quelques mois à une formule de recyclage de ses mémoires, Alberto lui proposa de faire commerce avec elle. Pendant quelques temps, les mémoires des patients furent recylées en mémoire informatique. La société memoirensolde.com fut créée. Alberto s'occupait des ventes dont la majorité passait par ebuy, il se forma à la vente  en ligne et il y passait beaucoup de temps. Profitant de ce gain nouveau, Mia diminua sa clientèle et pensa à elle. Elle retrouvait Alberto le soir après ses consultations et son massage quotidien.


      Elle se faisait masser par Séoun, un africain vendeur de massages thaïlandais et de keiris de l'île de Bali. Passionné par ces armes traditionnelles indonésiennes, ce sont les massages qui le faisaient vivre. Mia avait un si grand besoin de massages qu'elle tomba amoureux de Séoun qui l'invita à Bali. Elle devint une spécialiste du kocet-kocettan le plus précieux des keiris balinais. Alberto perdit son amoureuse qui était aussi son fournisseur de mémoire. C'est à ce moment là qu'il décida de devenir créateur d'idées fraïches.



     La rencontre avec Alberto fut un cadeau dans ma vie. Ideespourpoete.com fut lancé sur le net le 21 mai, deux jours après la fête du soleil chez les aztèques. Nous tenions tous les deux, Alberto et moi, à cette date symbolique de façon à recevoir le plus d'énergie possible. Nous aurions préféré le jour même de la fête mais il fallait déposer une demande d'autorisation au président des Etats Unis, six mois auparavant. En effet,  seul le président était habilité à répartir l'énergie de la fête du soleil, les Etats Unis fonctionnant depuis toujours sur l'énergie aztèque. Les américains ne prennent pas le risque d'amoindrir leur rayonnement planétaire mais depuis une centaine d'années, ils partagent un peu d'énergie avec d'autres de façon à assurer le paradis céleste à chaque américain. La religion a du bon........( à suivre ) 

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 01:00



       Le centre d'entraînement de l'équipe nationale se trouve à l'hôpital sainte Anne à Paris. Elle se rendra, pour la première fois à Paris samedi prochain. Devant le docteur Mendes, l'entraîneur national, elle devra donner le meilleur d'elle-même lors d'un délire amical avec une équipe universitaire composée de psychiatres en formation. Elle aura des concurrents sérieux dont le célèbre Manuelo. Il s'est entraîné jeune, poussé dans la folie par des parents alcooliques et pervers. Commencer jeune dans cette activité est un avantage, Manuelo peut remercier ses parents.

    Dans la dernière biographie du champion parue aux éditions du Fou Rampant, le témoignage d'une infirmère est relaté.


    Hôpital psychiatrique de Bilbao, délire de Manuelo, transcrit par l'infirmière Lucia Patxi, le trente avril :

"C'est en lisant "Poèmes de métro" de Jacques Jouet entre Bastille et Opéra que l'idée me vint. Je décidai de vendre des idées pour poète. La forme aurait pu être une boutique dans le quartier du Marais à Paris, un étal sur le marché des Capucins à Bordeaux ou un stand à la fête de Lutte Ouvrière le dimanche de la Pentecôte. Aucune de ces idées ne me convint, c'était douloureux pour un vendeur d'idées d'en manquer.

     Après plusieurs mois d'errance, je rencontrai Alberto, créateur d'idées fraîches. Désirant tous les deux travailler dans le monde des idées, une association s'imposait, d'autant que les idées pour poètes doivent toujours être d'une fraîcheur irréprochable. Avant d'être créateur, Alberto travaillait dans l'informatique, il vendait de la mémoire. Vendre de la mémoire le passionnait, ses fournisseurs étaient chinois du temps où la Chine bradaient ses produits pour les vendre en Europe. La crise est arrivée dans la vente de mémoire quand les prix ont triplé mais Alberto rencontra Mia. Alors que la remise en cause de son entreprise s'imposait, le célibataire de toujours rencontra le grand amour.

    Depuis dix ans, Mia était psychanalyste à Perpignan. Son cabinet fonctionnait bien, elle avait repris la clientèle de son père, autant dire que de la mémoire, elle en avait accumulé. Elle commençait à être encombrée par toutes ces mémoires qui s'étaient allongées sur son divan. Alberto arrivait bien dans sa vie et Mia encore mieux dans la vie d'Alberto.............( à suivre )

 

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 01:00


       Depuis son adolescence, période où elle commença à s'exprimer dans la folie, elle faisait des séjours réguliers dans le petit hôpital de la ville voisine. Ses délires intéressèrent rapidement le club de fous de l'hôpital de Toulouse qui la recruta. Ce fut sa première promotion importante. Par des délires fréquents et intenses, elle fut résidente de l'hôpital, intégrée au club de fous. Elle devint un bon élément et ses parents furent priés de prévenir de leur visite qui ne devait durer que peu de temps. L'entraînement avant tout.

      Prochainement, elle va participer à une sélection afin d'intégrer l'équipe nationale de fous. Son père ne regrette pas ses ambitions passées pour le football, d'autant plus que la folie est beaucoup plus rémunératrice.Depuis l'époque, déjà ancienne, où les clubs de Marseille et Paris Saint Germain fusionnèrent pour créer le premier club français du championnat mondial virtuel, le football ne paie plus. Les robots de Zidane et de Thierry Henry et toute la nouvelle génération rapportent maintenant de l'argent aux clubs et aux concepteurs informatiques. Jouer au football reste réservé aux petits clubs des villages qui ont su garder leurs terrains.

    Dans la folie, rien de tout cela, chacun a encore sa chance. La France serait plutôt en pénurie de fous performants. Elle avait donc décidé depuis longtemps, d'aller au plus haut niveau dans cette activité.

    Enfant, elle a bien connu Amatchi, sa grand-mère maternelle, qui avait un peu hérité de sa propre mère. Elle se souvient qu'elle collectionnait les dents de lapins. La collection de sa grand-mère était impressionnante, sur un mur entier de sa chambre, des étagères installées par le grand-père recevaient la collection. Elle repense à ses vacances passées chez elle et à l'entretien des dents de lapin. Elle aidait sa grand-mère à brosser et faire luire chaque dent à l'aide d'un papier fin abrasif et d'une peau de chamois. La collection de sa grand-mère était originale mais ne lui avait pas permis dêtre repérée par quelque spécialiste de la folie.

     Petite fille, ce qui lui avait paru à elle, assez fou, c'est l'exigence de sa grand-mère. Seules les dents prélevées sur des lapins vivants entraient dans la fameuse collection. Elle a toujours ressenti beaucoup d'affection pour Amatchi....(à suivre)

 

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 01:00

    

       Elle est folle. la folie c'est sa vie. Pour d'autres, c'est le football mais en tant que fille, elle a préféré la folie, alors, elle s'entraîne.

      Elle a un entraîneur particulier, des fous célèbres sont passés chez lui. Ce fut une décision coûteuse pour elle. Il fut exigeant dès le premier contact, il fallait qu'elle soit une bonne graine de folle. Il repéra de suite son potentiel, elle est née avec un don de folie.

      Si certains sont issus d'une famille d'artistes, sa lignée à elle, du côté maternel, est composée de fous. Les fous de sa famille sont en fait toutes des folles. L'entraîneur de fous célèbres ne put succomber à tant de promesses de réussite, elle signa rapidement son contrat et un programme d'entraînement fut établi.

    Elle prit rendez-vous avec son banquier pour faire face au financement de son entraîneur. Ce fut difficile car le banquier pratiquant le football, ne s'y connaissait pas trop en folie. Elle ne figurait pas encore sur sa liste des personnalités folles connues et il lui demanda une caution.

   Elle sollicita son père, mais entre son père et elle, c'était depuis toujours difficile. Il voulait un garçon et elle est arrivée en fille, ce fut son premier défaut. Ensuite, il essaya de la faire dormir avec le ballon de football qu'il avait eu pour ses deux ans; ayant lu qu'un objet qu'il avait porté pouvait imprégner l'enfant, mais en vain. Dès qu'elle fit ses premiers pas, il lui acheta une tenue complète : short, maillot, chaussettes et chaussures aux couleurs des canaris nantais. A l'heure du square pour les autres, elle arpentait la pelouse du terrain de football de son village. Depuis la fusion avec le club du village voisin, tout était prometteur, on parlait du passage  en division supérieure et de la construction d'un nouveau stade avec des tribunes.

     Il avait décidé de s'y prendre tôt avec sa fille car il avait de l'ambition pour elle.
Sa carrière dans la folie ne l'avait jamais intéressé, mais quand il comprit ce jour là qu'elle pourrait devenir championne, il signa de suite la caution pour le banquier, d'autant plus que le club de football du village avait perdu trois divisions..........(à suivre)

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