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  De la lecture chaque jour pour nourrir votre vie.
                             par Erregina

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 01:00



......Quand tout est arrivé, Louis Pierre était chercheur, spécialiste de l'oreille externe. Quand il ne travaillait pas, il était sculpteur et préférait les matériaux durs.


Sa femme Eléonore dirigeait un hypermarché à Aulnay sous bois, au nord de Paris. Il la voyait peu. L'autre femme de sa vie, c'était Estelle, sa secrétaire, elle n'était pas sa maîtresse.


Depuis dix ans, ils partageaient un bureau au troisième étage du centre national de recherche éthique. Elle était fidèle à ses talons aiguilles depuis toujours. Hautes perchées, les jambes d'Estelle gardaient leur galbe et son désir de les caresser était toujours aussi vif.


Tout commença un soir, lors de la visite à un ancien collègue.

Arrivé à hauteur de Saint Denis, sa voiture s'arrêta devant un immeuble. Il reconnut l'entrée B, il habitait là avec ses parents quand il était enfant. Une force irrésistible le pousse jusqu'à l'entrée.Le hall est devenu plus vaste, presque luxueux. Des picotements au-dessus de ses yeux deviennent très intenses. Il ne peut plus avancer, il sent son corps prisonnier d'un étau.

Il est paralysé.

Seules ses oreilles et ses yeux semblent assurer leur fonction.........( à suivre demain )

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 01:00


.......Sélavie l'accompagne et l'installe dans l'ambulance aux côtés de Slobodan. Les trois responsables des deux champions se concertent avant de reprendre la route. L'entraîneur appelle l'hôpital de Toulouse et demande à la secrétaire du club de rechercher le dossier de la championne.

Il lui demande de lui lire la rubrique "contre indications formelles". Il entend " interdiction de la mettre en présence de poule, surveiller strictement son alimentation qui ne doit comporter aucun gallinacé afin d'éviter toute crise violente."

L'entraîneur raccroche.

Il fait le lien avec ce qu'il vient d'entendre et les propos recueillis par l'ambulancière. Il se sent fortement responsable. Il repense à Sacha dirigé sur l'hôpital d'Albi. Les nouvelles ne sont pas rassurantes, il a perdu un oeil, sa carrière d'ambulancier est terminée. Il n'en dit rien à Sélavie ni au préparateur psychique. Il sera vigilant. Aucun gallinacé dans son espace à elle. Il prendra lui-même en charge son bagage afin de ne pas l'endommager.

Il n'a pas été assez attentif, c'est une faute professionnelle.

Louis Pierre tient à son poste d'entraîneur, obtenu il y a maintenant cinq ans après une douloureuse épreuve.....( à suivre demain )


( Début de Folle de Pékin en page 15 )

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 01:00

.......Galline tomba amoureuse d'un des coqs de combat. Peut être l'exotisme de l'Afrique, je n'en saurai jamais rien mais Galline perdit la tête et moi mon amour. Toutes ces années d'errance et d'amours de passage l'avaient dissuadée du grand amour et voilà qu'à l'orée de sa maturité, elle le rencontre.

Il est roux comme elle, plus gaillard parce que plus jeune, elle est amoureuse. Elle ne rentrare pas à la maison ce soir là. Je compris de suite qu'elle m'échappait.

Le lendemain, quand Louise reprit la route avec son amoureux africain et ses coqs de combat, mon corps fut poignardé par le bruit strident des freins d'une voiture.

Galline venait de se suicider.

Le conducteur, fortement désolé voulut me dédommager. Il me proposa une somme d'argent, il avait rapidement fait le calcul ayant vu le prix du kilo le matin au marché. Je l'insultai en emportant Galline dans mes bras. Galline était hors de prix pour moi.

Il fallait faire vite.

Je ne pouvais pas me séparer d'elle, la décision fût difficile à prendre. Tant d'années après le drame, je ne regrette pas mon choix. Galline est toujours là. Depuis que je voyage pour les compétitions, j'ai fait fabriquer un bagage spécial où se trouve Galline, bien au chaud dans ses bocaux.Sa mort coïncide à mon intégration dans le club de l'hôpital de Toulouse.

Jamais, depuis cette époque, je n'ai souffert comme aujourd'hui. Devant mon assiette de confit de poule, j'ai vécu pour la deuxième fois sa mort.

Cela me fait beaucoup de bien de vous parler. Je vous remercie de m'avoir écoutée.".............( à suivre demain )

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 01:00



.....Un jour du mois de juillet, en vacances pour quelques jours chez Maria à Montségur, je suis allée au marché estival du samedi. Galline ne m'avait pas accompagné, c'était plus pratique.


Sur le marché, je m'approchai d'un atttroupement de vacanciers hilares. Je sais que l'hilarité fait partie du code de déontologie du vacancier mais je m'approchai tout de même. Un homme africain en habit traditionnel coloré accentuait le décor d'un combat de coq sur un sol poussiéreux. Deux autres coqs furent mis en présence à quelques mètres de là par une femme dans un costume traditionnel africain. Entre l'homme et la femme, une vraie différence : la couleur de leur peau.


 Quand la femme à la peau blanche se retourna, je reconnus Louise.


Elle était passée en une année des chevaux aux coqs de combat pour l'amour d'un africain. Les retrouvailles furent estivales, c'est à dire superficielles mais festives et faciles.


J'invitai Louise et son amoureux africain à passer à la maison, leur combat de coqs étant en représentation à Uzeste le lendemain.


C'était un quatorze juillet et ce fut le début du drame......( à suivre )

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 01:00



.........Louise me quitta pour un homme qui élevait des chevaux, il était propriétaire de plusieurs chevaux de course et vivait près de Bordeaux. Louise n'aimait pas les chevaux, elle en avait peur mais elle était revenue sur ses terres de naissance. Avec cette rencontre, elle se réconcilia avec l'homme, le cheval et Bordeaux et sa rupture avec moi allait de soi.


Galline fut ma nouvelle conquête, je l'installai dès le premier soir dans mon lit, ce ne fut pas facile mais j'en avais besoin. A partir de ce moment là, je devins exclusive et jalouse.


Galline n'était pas habituée à de telles sollicitations. Sans domicile fixe, elle errait pour se nourrir et se loger, c'était sa vie depuis longtemps.


Le lieu de vie que je lui proposais était une belle maison en pierres comme on les trouve dans le sud-ouest de la France. Avant ma rencontre, Galline logeait dans les granges et pas dans les maisons. Elle préférait une grange à quelques coins de nature, surtout en temps de pluie ou de froid. Elle me raconta l'hiver cinquante six quand la Garonne charriait des glaçons, elle trouva refuge à cette époque dans une palombière.


Un soir, à la tombée de la nuit, comme tous les jours, Galline rentra à la maison après avoir arpenter les terres des alentours et elle se trouva en face de Louise. Je la présentai à Louise comme ma nouvelle compagne. Louise la regarda à peine et partit en pleurant. Je n'ai jamais compris. Galline, choquée de cette rencontre se retrouva vite dans mes bras pour un grand moment intime.


Pendant une année, je n'eus plus de nouvelles de Louise....( à suivre demain )


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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 01:00



........elle en a fréquenté beaucoup pendant des années. Elle se place à sa hauteur, sous la table de ciment et lui raconte son match contre l'équipe de Chine. Elle relève la tête, regarde Sélavie, l'écoute et lui demande de lui parler des chinoises. Sélavie s'exécute en lui demandant de venir s'asseoir sur le banc.


L'entraîneur et le préparateur psychique se tiennent à distance tout en assistant à un miracle.


Elle est calme, elle commence à parler à Sélavie. Elle raconte une histoire de sa vie ordinaire, sa vie d'avant, sa vie d'avant les compétitions.


Elle lui raconte sa grande histoire d'amour.


"J'ai rencontré pour la première fois Galline chez Maria. Elles étaient plusieurs, toutes belles et jeunes. Louise venait de me quitter. Je ne comprenais pas cette rupture. Douze années de vie commune au fond de la forêt landaise, un vrai bonheur perdu. Louise avait découvert son homosexualité avec moi et avait compris alors ses échecs répétés avec les hommes. Elle avait annoncé à sa fille et à sa soeur sa nouvelle vie. Toutes deux l'avaient comprise et l'avaient soutenue lors de son divorce. Quand ses parents se suicidèrent au gaz, c'est moi qui la réconcilia avec la vie.


Chez Maria, j'eus un coup de foudre. Ce soir là, il y avait pourtant le choix, elles étaient toutes dans la fleur de l'âge mais Galline s'imposa de suite.......( à suivre demain )


( Début de Folle de Pékin en page 11 )

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 01:00



.......Elle erre sur le parking. Quand l'entraîneur s'approche d'elle, elle est muette et blottie sous une table de ciment servant au pique nique des autoroutiers. Il avait prévu une dose de Malatine concentrée qu'il lui administre sous forme d'injection.


Sélavie, une ambulancière de l'hôpital d'Albi fait route vers l'aire de repos des Anges. La dose concentrée de Malatine devrait faire effet dans l'heure.


Lorsque Sélavie arrive, elle se trouve toujours dans son repère de ciment. Elle est recroquevillée avec une telle tension qu'il est impossible de la bouger sans prendre le risque d'une nouvelle violence.


           Sélavie est venue dans l'urgence, elle ne sait pas très bien ce qui se passe, l'entraîneur se présente et raconte l'évènement. Sélavie est depuis longtemps dans le métier, elle a de la sympathie pour Toulouse, elle est diplômée de l'école de la Croix Rouge de cette ville, un souvenir ancien. Elle a entendu parler du club de fous toulousain et elle prend conscience qu'elle va transporter une championne régionale et peut être prochainement championne nationale.


Slobodan s'est endormi dans l'ambulance dès que l'entraîneur l'a installé dans le véhicule après l'évènement. Il ne faut pas tarder, la décision a été prise de continuer vers Paris.


Dans une ancienne vie, Sélavie a pratiqué le football, elle faisait partie de l'équipe de France qui rencontra l'équipe de Chine en match amical. Nous étions dans les années 2000, c'était à saint Denis, peu de temps avant la construction de l'océan parisien. La réussite de ce site nouveau encouragea les politiques dans leur décision de rehausser le mont Valérien de la hauteur nécessaire afin de construire le Mont Blanc parisien.


    Sélavie sait parler aux championnes........( à suivre  demain)


(Début de Folle de Pékin en page 10)

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 01:00



.......Sacha a organisé son assiette, les pommes de terre poussées en haut et à gauche, la feuille de salade, peu domptable, de suite mangée; il lui reste assez de place pour découper sa viande, d'autant que l'os demande un savoir faire.


Quand elle eut accumulé suffisamment de force, elle prit son souffle et ressembla à un sumo au combat. Sacha achevait de découper sa viande. Elle décrispa les poignets, toute son énergie se trouvait là. Lorsque ses mains se saisissent de son assiette, sa bouche se libère en un cri qui se propage au-delà du petit salon particulier.


Le serveur, le chef de rang, le directeur essaient de tout gérer. L'attroupement des autoroutiers venus se restaurer, elle qui court dans tous les sens en criant et Sacha couvert de sang!


La sirène des pompiers couvrent l'affolement. Devant la porte du restaurant, un lit médicalisé est sorti de l'ambulance de couleur rouge, la couleur du club des fous de Lille; quatre pompiers le poussent en courant, ils ne connaissent pas la nature des blessures de Sacha.


Le choc a été violent.


  Ses mains avaient la force de deux outils très performants et quand Sacha esquisse un lever de tête, elle est prête. Il reçoit l'assiette en plein visage, les pommes de terre encore très chaudes, en s'écrasant, lui brûlent une grande partie de la joue droite et du front, mais le plus terrible fut l'os. L'os du morceau de viande lui endommage l'oeil gauche qui saigne.


"Une perforation de l'oeil" dit un pompier........( à suivre demain)

(Début de Folle de Pékin en page 9)

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 01:00

 

 

 

.....Sacha gare l'ambulance le plus près possible du restaurant. Malgré les regards soutenus de Slobodan à son égard, elle est calme. Le préparateur psychique s'est aperçu d'une tension chez Slobodan. Il sait que les gouttes de Zolovan lui conviennent, à condition de ne pas aller au-delà de trente. C'est la posologie qu'il a décidé mais il se sent nerveux de le sentir tendu. Il a confiance en elle, la Malatine lui a toujours convenu. Il se rassure en pensant que l'infirmier du club a certainement respecté la posologie pour Slobodan, mais il fait part à l'entraîneur de son observation. Ensemble, ils décident d'organiser le repas à deux tables séparées. Elle mangera avec Sacha et Slobodan sera à une autre table avec eux deux.


Cette décision fut une erreur fatale.


Une entrée de crudités est bienvenue en ce début d'été naissant, nos voyageurs apprécient. Quand le serveur dépose devant elle le plat suivant, elle serre les poings et se raidit fortement sur sa chaise. Sacha commence à manger, le nez dans son assiette. Elle le surveille en accumulant toute l'énergie dont elle a besoin. A l'autre table, chacun s'affaire à découper son morceau de viande.

Une énorme bouffée de chaleur envahit l'ensemble de son corps, elle ressent comme une tourmente. Elle surveille Sacha, elle ne voit que lui, une cécité de tout le reste s'installe. Il ne faut pas qu'elle le quitte des yeux. Il ne faut pas qu'elle rate le moment......( à suivre demain )

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 01:00



......Le départ est prévu à dix heures précises de Toulouse. Elle s'est levée tôt après une nuit sans aucune agitation. L'entraîneur a été formel, aucun délire avant Paris. Son préparateur psychique a bien fait les choses, le traitement a été efficace. Au petit matin, à six heures, pas la moindre idée délirante. L'effet des produits doit se poursuivre durant tout le trajet. Ils sont deux à avoir été repérés par le sélectionneur de l'équipe nationale. Slobodan fait partie du voyage.


L'hôpital de Toulouse avait prévu le déplacement en avion mais la pressurisation provoque parfois des délires de persécution; Slobodan en avait été victime lors de son transfert de Sarajevo à Toulouse.


Un véhicule ambulance de la dernière génération s'avance devant l'entrée principale de l'hôpital. Sacha, l'ambulancier, indique à chacun sa place, le confort est maximum. Elle s'installe à l'arrière en compagnie de Slobodan, ils occupent deux fauteuils convertibles en lits. L'entraîneur et le préparateur psychique s'installent sur les sièges entre Sacha et les deux champions. Plusieurs arrêts sont prévus dont un sur l'autoroute, à l'aire de repos des anges pour prendre un repas. Sacha a été chargé de retenir un petit salon au restaurant la passerelle. En cette saison d'été, il est important d'isoler nos deux sélectionnés pour le repas.


 Pour Sacha, c'est une grande responsabilité qui lui est confiée. Il le vit comme un honneur. Il a déjà fait ses preuves en transportant Slobodan, en plein délire de persécution à sa descente d'avion, il y a six mois.



Dans le club de fous de Toulouse, il manquait un spécialiste du délire de persécution et cela devenait de plus en plus handicapant lors des rencontres. Le président du club connaissait bien Slobodan qu'il avait vu lors d'une compétition à Zagreb. Ce fut un bon choix. Sa dernière prestation, lors d'un délire amical avec le club de Bordeaux fut reconnue par tous les psychiatres comme de très haut niveau.......( à suivre demain )
 
Début de Folle de pékin à lire en page 7


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