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  • : Textes courts d'une écriveuse, rêveuse, voyageuse et généreuse....
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  De la lecture chaque jour pour nourrir votre vie.
                             par Erregina

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 20:41


Il a tué sa femme. Elle ne l'aimait plus. Elle l'avait prévenu de sa décision de le quitter. Il était d'accord pour que les choses se passent bien pour les enfants. Une histoire d'amour de dix années qu'il a voulu terminer à sa façon.

Elle est morte par une nuit de nouvelle lune. Depuis quelques années, il se passionnait pour le jardinage. Il semait et plantait avec la lune. Il avait confiance en l'influence de la lune sur son potager.

Ce jour là, la nouvelle lune n'autorisait aucun semis, aucune plantation. C'est cette nuit là qu'il choisit pour écrire l'épilogue de son roman d'amour.

Elle ne l'aimait plus. Lui n'avait pas cesser de l'aimer. Il avait décidé de conclure à sa façon.

Il l'a tua la nuit de la nouvelle lune et il se tua quelques jours après une nuit de noeud lunaire.
Sur son calendrier de jardinier, il est indiqué de ne pas semer ni planter ce jour là.

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 05:00

      Elle donna naissance à un papillon le jour de la saint Jean. Il était multicolore avec une dominante bleue. Les contractions avaient débuté à l'automne.  L'échographie avait indiqué depuis le début la présence d'un papillon. Elle aurait préféré donner naissance à une libellule.

     Elle raconta l'histoire de la naissance de son papillon lors de la trentième séance de thérapie. C'était la première fois que quelqu'un écoutait son histoire.. Le psy lui dit qu'il était intéressant d'accoucher d'un papillon qui était le symbole de la renaisssance.

     Elle fût rassurée.

    Depuis ce jour là, elle peut s'occuper à nouveau de son petit garçon de deux ans.
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 06:00
L'enfant perd son chat
L'homme a perdu sa femme
Les vivants pleurent les morts

Dans l'histoire de l'homme
Et le dessin d'enfant
Les morts deviennent vivants
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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 06:00

   - Et les cheveux, on peut les tirer les cheveux à un enfant? Tu sais quand il ne veut pas mettre ses chaussures pour aller dehors et que tu le fais entrer à la maison en le tirant par les cheveux.

La dame répond à une question sur la fessée mais la mère insiste.

   - Et les cheveux, madame, on peut les tirer?

La dame désapprouve en expliquant le respect que l'on doit avoir de tout le visage, les giffles aussi sont à éviter.

    - Je te l'avais bien dit, la fessée oui, mais pas les cheveux!

La dame reprend sur la fessée, il faut parler, expliquer ou isoler avant de fesser dit-elle.

    - Ah oui, tu vois bien que toi aussi, tu rates des étapes avec ta fessée!

Des parents et une psy.
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 14:07

Les enfants vivants ne porteront pas les enfants morts. Depuis tout ce temps écoulé à écouter les gens, j'ai rencontré beaucoup de ces enfants devenus grands qui portaient encore des enfants morts. Ils avaient vingt, trente, quarante, cinquante ans et plus et ne vivaient pas bien. L'un portait l'enfant mort par le prénom, l'autre était l'enfant de remplacement et cette femme de cinquante ans qui allait fleurir la tombe de sa petite soeur depuis cinquante années en plus des neuf mois de la grossesse de sa mère. Ils sont tous venus devant moi pour déposer l'enfant mort qu'ils avaient en eux. Les enfants sont vivants, qu'ils vivent !
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:20

Une séance au printemps : B. dirige depuis six mois les établissements DPS, entreprise en pointe dans la petite ville de province qui l'a vu naître. A ses quarante ans, il vient de rencontrer une jeune femme très jolie. Ses deux premières épouses étaient de belles femmes du sud, B. aime les latines. Il porte sa quarantaine avec charme. Sa nouvelle compagne a l'âge de son fils aîné, ce qui pose quelques soucis d'adaptation. La semaine dernière, les actionnaires de l'entreprise qu'il dirige lui ont demandé d'augmenter la cadence des employés car les marchés ne sont pas bons, il faut plus de bénéfices, on ne sait jamais! Cette semaine, sa jeune compagne a dîné au restaurant avec son fils aîné afin de favoriser la nouvelle situation familiale.

Une séance en été : Je reçois B. qui va très mal. Cela fait trois mois qu'il n'est pas venu, pas le temps de s'occuper de lui! Il raconte : "Je viens de me faire licencier pour manque de résultats et je dois assister samedi prochain au mariage de mon fils avec mon ex-compagne. Je vais mal, très mal mais je ne vais pas pouvoir continuer mes séances" et il ajoute : "Prenez vous la carte CMU?"

En quelques mois, le président directeur général de la société DPS, cadre dynamique au service de ses actionnaires a tout perdu, même son argent. Je n'ai plus jamais revu B.
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 12:35

Séance de 14 heures : J'ai longtemps hésité à consulter, je voulais le faire mais je n'osais pas. Comment dire tout cela, et puis c'est si loin. J'ai pensé à en parler à un prêtre mais je n'en connais pas. C'est vraiment la naissance de mon petit fils l'été dernier qui m'a poussé à prendre le rendez-vous. Je ne peux plus garder le secret, c'est trop dur, il faut que je fasse quelque chose pour lui, c'était son arrière grand-mère tout de même. Voilà, j'ai beaucoup souffert pendant trente ans de la cohabitation avec mes beaux-parents, nous vivions sur l'exploitation agricole, mon mari en avait hérité. Ma belle-mère était méchante avec moi, j'étais jeune, je lui obéissais et je pleurais auprès de mon mari qui n'a jamais rien fait. J'aimais beaucoup mon mari et c'est ce qui m'a aidé. Mes beaux-parents sont morts à six mois d'intervalle il y a vingt ans. Ils ont voulu se faire incinérer, c'étaient moins cher, disaient-ils. Les cendres de mon beau-père étaient chez ma belle-soeur, les parents l'avaient voulu ainsi. Les cendres du père chez la fille et les cendres de la mère chez le fils. C'était un jour d'hiver, il faisait gris, la cheminée avait fait beaucoup de cendres sur le sol et plus j'aspirais, plus je pensais à ma belle-mère. Je ne sais pas ce qu'il m'a prise, j'ai attrappé l'urne posée sur le buffet du salon, j'ai dispersé les cendres devant l'aspirateur et j'ai aspiré. J'ai enlevé le sac de l'aspirateur et le l'ai porté dans la grande poubelle devant la maison. Les éboueurs sont passés le lendemain matin. Je suis contente d'être arrivée à vous le dire, vous pouvez comprendre vous!"
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:02

Séance de 16 heures : Elle s'assoit, ouvre un dossier et me demande si je peux prendre connaissance de sa "Note de janvier". J'accepte et je lis :

- électricité : 10 €
- eau : 10 €
- céréales du petit déjeuner : 5 €
- préservatifs : 10 €
- gel douche et bombe à raser : 5 €

J'ai des difficultés à me concentrer sur ma lecture car elle inonde l'espace de ses paroles habituelles : "vous savez, il n'a pas encore payé sa note de décembre, il me doit de l'argent et je ne lui ai pas facturé les heures de ménage que je fais en plus quand il est là, sutout dans la salle de bains!" Elle termine sa séance par ces mots : " je ne comprends pas, cet homme ne m'aime pas, je fais tout pour lui, je ne sais vraiment pas pourquoi depuis une année que nous nous connaissons, il n'arrive pas à quitter sa femme!"

Il est 17 heures, j'ai le temps de prendre une tasse de thé avant de recevoir Monsieur L. mari trompé.
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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 16:03

Séance de 14 heures : Il est fort agacé, il s'installe dans le fauteuil sans retirer sa veste, c'est inhabituel. J'ai à peine le temps de placer ma phrase d'accueil qu'il répète trois fois "ce n'est pas possible!" Il raconte sa soirée d'hier avec son amie, sa soirée de rupture, c'est lui qui a décidé, c'est toujours comme ça dans ses relations.
Il raconte : " C'est toujours pareil, je vous l'avez bien dit, c'est arrivé hier soir avec Louisa et ce n'est pas possible!"  Je lui demande des précisions. Il s'agace et dit : " Mais elle m'a demandé un enfant, c'est toujours pareil, à la fin de la première année, elles me demandent toutes un enfant mais je ne suis pas prêt !"

Dans mon dossier, j'ai écrit : le père de M. est mort d'une leucémie foudroyante peu avant sa naissance. Le grand-père de M. n'a pas connu son fils conçu peu avant son accident de voiture qui lui coûta la vie. Quand à l'arrière grand-père, il dût laisser sa jeune femme enceinte de sept mois pour partir à la guerre, il fût tué dans les tranchées sur le Chemin des Dames.

M. avait raison, ce n'était pas possible d'accepter de faire un enfant car c'était accepter de mourir.
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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 07:42

Séance de 9 heures : " La première fois que j'ai décidé de mettre fin à mes jours, c'était le 11 novembre 1989. J'ai trouvé que c'était une bonne date, avec tous ces hommes morts à la guerre et puis c'est un jour de congé. J'avais tout organisé mais les pompiers m'ont ranimé. Depuis ce jour-là, j'ai pour habitude, chaque année, le jour du 11 novembre de faire ma tentative de suicide, c'est mon armistice à moi. C'est le médecin que j'ai vu hier, à l'hôpital qui a pris le rendez-vous chez vous. Attention, je n'exagère jamais, j'ai essayé bien des choses depuis, mais la tentative de suicide la plus facile pour moi, c'est l'ingestion de médicaments. Alors, j'étudie soigneusement la notice et je potasse le Vidal sur internet, de façon à ne subir q'un léger lavage d'estomac. Je dois vous dire, madame que je tiens trop à la vie maintenant pour mettre fin à mes jours."

A la fin de l'entretien, je l'ai salué en ayant très envie de lui dire : à l'année prochaine!
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