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  • : Textes courts d'une écriveuse, rêveuse, voyageuse et généreuse....
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  De la lecture chaque jour pour nourrir votre vie.
                             par Erregina

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 06:00

                                      Elles m'accueillent
                                      Toujours
                                       Par tous temps
                                       Par toutes saisons
                                       Fidèles
                                       Deux villes de fleuves
                                       Deux villes de quais
                                       Deux villes de pierres
                                       Deux villes du sud
                                       Le temps s'étire
                                       Je suis lente
                                       Elles me respectent
                                       Elles m'attendent
                                       Qui sont-elles?



                   
                                           

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 06:00
Ce fut certainement une belle femme. Dans son regard, des traces de beauté sont encore bien présentes. Elle est maintenant une vieille belle femme. Elle a l'allure des vieilles qui habitent les documentaires sur les indiens ou les lapons. Sa peau a le teint sombre, ses yeux sont petits et en amande, ses cheveux sont noirs et attachés en nattes comme autrefois. Elle porte une jupe longue, un gilet et un foulard coloré. Ses oreilles sont ornées de grandes créoles en or. On peut hésiter quant à son origine. Voyante, indienne, gitane, peu importe. Elle a posé sa branche de laurier à bénir sur la chaise.

Elle est seule à une table et boit une bière brune en attendant l'heure de la messe, dans le bar en face de l'église.
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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 06:00

Bixenta n'aurait jamais dû être à lui. Sur plusieurs générations, des notables l'avaient habitée. Bixenta avait vu s'installer dans ses murs le notaire Dubernard, elle avait abrité sa descendance, c'était à la fin du dix neuvième siècle. Il y eut ensuite la bousculante  famille de l'industriel Friponi. Arrivé d'Italie avec toute sa famille, ascendants et descendants, Bixenta avait vécu sa période de délabrement. L'Italien n'était pas maçon mais s'occupait de ferraille, le bâtiment, il ne connaissait guère. Les priorités de la famille Friponi étaient la cuisine, les fêtes et la musique. En cinquante années de présence italienne, ses peintures s'étaient beaucoup écaillées, ses volets extérieurs avaient pourri et la grande cheminée s'était écroulée. A la faillite de l'entreprise Friponi, les Montserrat, avocats de père en fils avaient acheté Bixenta pour une somme dérisoire lors d'enchères à la bougie. Les Montserrat n'étaient pas les Friponi. En quelques mois, Bixenta s'était retrouvé aux temps des Dubernard, un coup de jeunesse était passé sur ses murs, ses fenêtres, ses volets, ses peintures, même le parc était sorti de ses ronces. Bixenta respira à nouveau. Les Montserrat arrivaient d'Andalousie et voulaient conquérir, en tant qu'avocats d'affaires le marché frontalier du Pays Basque. Très vite, les Montserrat comprirent qu'être Andalou au Pays Basque, même français, n'était guère compatible. 

C'est à ce moment là qu'il la rencontra.

Il ne cherchait pas à habiter le Pays Basque qu'il connaissait à peine. Bixenta se manifesta à lui par une lettre recommandée qu'il reçu à Saint Denis dans son appartement du quatorze rue Gabriel Péri. Un notaire de Bayonne lui demandait de prendre contact avec lui. Il prit le train pour aller aux nouvelles et apprit qu'il venait d'hériter de Bixenta. Elle avait fière allure, une  basque un peu arrogante mais elle avait tout pour séduire. Située sur une hauteur, avec ,au loin le golfe de Gascogne et à l'arrière, la chaîne des Pyrénées et la Rhune par temps clair. Les Montserrat étaient morts sur la route qui les ramenait en Andalousie. D'origine espagnole, travaillant en France depuis vingt ans, il avait été repéré comme le seul héritier de la lignée des Montserrat.

Elle avait abrité des notaires, des avocats, un industriel italien original mais aujourd'hui, elle recevait volontiers un ouvrier tourneur de Saint Denis. Bixenta a toujours su s'imposer pour survivre.
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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 07:00

Le monde lui en veut et il en veut au monde. Les vieux, les jeunes, la banque, la météo, les filles, les garçons, les voitures, les motos, les vélos, son travail, sa mère, son père, son frère, sa soeur et ses voisins. Il s'oppose toujours aux autres avec des théories bien à lui qu'il défend comme un guerrier. La guerre, il la déclare souvent. Pour un regard, pour un geste, pour le temps qu'il fait, il attaque de face sans aucune réserve. La jeune fille qui s'est éloignée de lui sur le quai de la gare, le banquier qui lui a enfin donné son argent et l'orage qui a cessé de gronder après quelques représailles de sa part. Aimé en veut au monde parce que sa mise au monde ne s'est pas bien passée. Il colère sur cette naissance pas comme les autres. Aimé a raison.
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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 07:00

Je sais que je deviendrai fou. Un fou inconnu des psychiatres. Un fou inconnu de Freud. Je serai un fou sympathique. Je le sais depuis longtemps, alors, je flotte. Récemment, le processus semble s'être mis en marche. J'étais en vacances à Paris pour quelques jours. Devant moi, un groupe de femmes, toutes vêtues en noir. Devant encore, au loin, à droite et à gauche, des tombes. Je me trouve dans le cortège d'un enterrement. Soudain, les personnes s'écartent pour me laisser passer. Le fourgon mortuaire est devant moi, je me retourne, je suis seul. Des dédicaces d'or accompagnent les couronnes : à mon ami, à mon amant; à Louis mon époux. Je ne comprends plus, j'ai peur d'être mort. Je reconnais les larges allées du cimetière du Père Lachaise. Le froid est vif mais le soleil réconforte. C'est une belle journée de l'hiver parisien. Mon avenir dans la folie m'a toujours intéressé mais je le pensais plus lointain.
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 17:20

L'histoire est ancienne mais elle est racontée chaque soir chez les Marx. Le roi avait pour habitude d'élire un homme du peuple en tant qu'aide de vie du roi, c'était à la fois un garde du corps, un confident et surtout, un homme de confiance. Le choix du roi étant sacré, la famille de l'aide de vie du roi était respectée pour toujours. Karl est resté aide de vie du roi pendant de nombreuses années mais lorsqu'il décida de créer la théorie de la lutte des classes, le roi le congédia pour faute professionnelle. Puis, la famille de Karl perdit sa réputation quand sa fille épousa Paul Laffargue l'auteur du droit à la paresse.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, quelques générations plus tard, un certain Thierry Marx fait la cuisine quelque part en Gironde. Il exerce son art dans un château. On ne se refait pas chez les Marx !!!
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 14:25

Bangkok, des hommes de l'Occident, chercheurs de sexe. Il pleut sur les quartiers chauds du soir, les jeunes femmes qui s'offrent à eux viennent du sud-est de la Thaïlande, une belle campagne verdoyante mais très pauvre. Sayan est une jeune femme de cette région, sa fille est élevée au village par sa soeur. Sayan travaille beaucoup. Le fruit de son travail est cette maison construite dans son village et qu'elle habite pour ses vacances. Sayan n'offre pas son corps, elle vend des insectes frits aux filles qui se vendent aux chercheurs de sexe. Les sauterelles et les grillons sont très prisés des thaïlandais du sud-est. Sayan vit dans une baraque en bois avec son mari qui est aussi vendeur d'insectes frits. La nuit, c'est le moment où ils vendent, la nuit, c'est aussi le moment où ils achètent leurs insectes vivants au marché. Sayan dort de quatre heures à dix heures et là, commence la friture des insectes qui seront vendus le soir.Sayan ne se décourage jamais, même pendant la mousson malgré l'inondation de sa cabane en bois, la vente des insectes sous la pluie, les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles.

Sayan, leçon de vie d'une femme de l'Orient pour toutes les femmes de l'Occident.
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 14:17

Gaspard gardait la vie. Depuis l'année dernière, ses cheveux avaient bien poussé. Gaspard fut le premier gardien de vie. La fonction avait été créée sous le règne de Régis le beau et le premier poste fut attribué au village de Cham dans l'Iruni. A l'époque, Gaspard fut le seul candidat à postuler, personne ne voulait garder la vie, la mode était plutôt au suicide. Maintenant, mille ans après, la fonction a bien évolué et chaque endroit de vie a son gardien. La semence est cultivée depuis le tremblement de terre sélectif dans lequel furent supprimés tous les hommes. Les cultures de semence atteignirent, à l'époque, le prix du diamant et du pain. La protection de la semence de vie devenait indispensable. Gaspard était déjà issu de la dix millième génération de semence naturelle, c'était un ancien, il devint le responsable de la distribution au centre de Cham. C'est lui qui planifiait le nombre d'habitants du village pour les cent prochaines années. Gaspard s'était ensemencé de vie cultivée l'an dernier et c'est pourquoi il songeait sérieusement à prendre un rendez-vous chez Jean, son coiffeur.
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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 07:59

Quand elle acheta son ficus à la jardinerie de son quartier, elle fut alerté par l'étiquette qui s'accrochait au pot. "Entretenez vos plantes sans les brusquer pour les faire durer" A l'époque, elle s'offrait cette plante pour se faire plaisir et aider son visage à sourire. Ces mots la transportèrent à ses vingt ans lorsqu'elle avait entendu un groupe de garçons dire à son passage : "quelle belle plante!" Elle n'avait pas bien compris mais le souvenir était resté gravé. Elle se dit : si à vingt ans, j'étais une belle plante, il suffit que je m'entretienne sans me brusquer pour me faire durer. Aujourd'hui, Mélina fête ses quatre vingt dix ans, elle a tapoté sur son clavier d'ordinateur et s'est offert une belle plante.
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 12:53

En 2005, elle avait 82 ans et officiait dans le plus grand cimetière pour animaux d'Europe, à Asnières. Elle avait offert une sépulture à son chien, il y a presque vingt ans et depuis elle venait chaque jour nourrir les chats. Des chats vivants qui se sont installés à l'endroit des chats morts. Ils sont nombreux, le lieu est calme et ils sont protégés. Ils sont bien nourris car les visiteurs à leurs animaux morts ont toujours quelque chose dans leur poche ou dans un sac à leur donner. Elle, c'est dans un panier en jonc tressé qu'elle installe ses coupelles et ses boîtes d'aliments. Dès qu'elle arrive, ils  sont tous là. C'est une belle femme de 82 ans qui met un point d'honneur à prendre soin de sa santé afin de durer auprès des chats. Est-elle toujours vivante?
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