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  • : Textes courts d'une écriveuse, rêveuse, voyageuse et généreuse....
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  De la lecture chaque jour pour nourrir votre vie.
                             par Erregina

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 01:00

 

     
      Gala recherchait depuis longtemps l'image qu'il lui manquait afin de vendre l'histoire de la femme de thé. Elle avait entendu cette histoire dans le sud de l'Espagne, chez un potier de Totana à qui elle achetait un plat pour sa cuisine de la rue des remparts. Quelques mois après, elle demanda au potier l'exclusivité de l'histoire afin de l'exploiter commercialement.

      La femme de thé avait un mari dont le vieux potier avait oublié l'identité. L'important pour une femme de thé est qu'elle soit mariée et l'histoire ne pouvait se vendre sans cette image.

      Gala avait longtemps cherché cette image dans les contes de Charles Perrault, dans ceux d'Andersen mais rien de possible. Elle serait bien allée voir du côté des contes de mille et une nuits, trop d'images! A Saint Jean Pied de Port, elle avait trouvé chez un libraire de la rue pavée qui monte des contes et légendes basques mais là encore, trop basque pour la femme de thé. Elle avait donc décidé de s'adresser à des professionnels de l'image.

    Elle me consulta par un beau jour de printemps.......
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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 01:00


.....Selon l'importance des symptômes, entre deux et dix séances étaient nécessaires pour fabriquer une première image mentale. Les premiers temps des thérapies étaient les plus éprouvants, je devais réduire ma production personnelle d'images car il fallait que je sois dans le rythme de la personne qui consultait. Il était d'autre part indispensable d'arriver rapidement à réalimenter la source imaginative.

Je me souviens de DJ un artiste plasticien.

Il était en panne d'images, c'était dramatique pour lui, toute sa création s'était arrêtée depuis plusieurs mois. Il fallait que j'installe une relation de confiance de façon à ce qu'il accepte de redémarrer sur mes images qui n'avaient rien d'artistique. Ce fut long mais efficace, il réactiva son imagination par une nouvelle sculpture qu'il me dédia.

Quand Gala s'installa à Bordeaux en tant que vendeuse d'histoires, elle venait d'obtenir son diplôme de la très vieille université de Salamanque. Ses parents étaient français mais elle avait grandi au Japon car son père y avait une plantation de cerisiers et sa mère un restaurant espagnol. Sa famille paternelle était bordelaise et propriétaire d'une échoppe rue des remparts, elle s'y installa.

Pour réussir dans la vente d'histoires, il fallait se faire connaître auprès des vendeurs d'images car sans images, pas d'histoires.

J'ai fait sa connaissance en mai quand elle se présenta à mon cabinet pour me faire connaître son catalogue. Beaucoup d'histoires japonaises, espagnoles, brésiliennes mais c'est de l'histoire de la femme de thé qu'elle me parla.....

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 01:00

C'est la génération des années cinquante qui a commencé à souffrir de la perte d'imagination par une mise au travail intensif après la guerre. Le corps et le cerveau étaient mobilisés pour le travail et la consommation. L'imagination ne devint plus indispensable et cette faculté commença à se détériorer.

Seuls les artistes étaient encore intacts de tout symptôme car ils entretenaient cette partie d'eux-mêmes.

Chacun se mettaient en activité du matin au soir, que ce soit pour travailler à rapporter de l'argent, que ce soit pour se nourrir. Les personnes les plus atteintes étaient des femmes qui faisaient le ménage toute la journée pour recommencer le lendemain matin.

Dans ma vie de vendeuse d'images, j'eus un certain succès.......

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 01:00



.....L'obtention de ma thèse sur l'image du thé et mon titre de Docteur en imagination permettaient de m'installer en cabinet privé. Amatchi me fit don d'une somme conséquente pour mon installation.

Je repris la clientèle d'un très vieux monsieur dont l'imagination devenait défaillante. Il vit maintenant dans un petit village sur les hauteurs de Nice. Je lui rends visite, souvent à l'automne, il va mieux. Il fabrique à nouveau des images et a le projet de se spécialiser pour le quatrième âge qui pratique peu l'image virtuelle.

La perte de l'imagination est un symptôme très fréquent qui touche toutes les classes sociales et tous les âges. Les traitements sont maintenant plus accessibles, notamment depuis l'arrivée des écrans permanents et de guggle.

A l'époque de mon cabinet, les traitements chimiques étaient prescrits de façon systématique mais les effets secondaires produisaient des hallucinations qu'il fallait traiter par des injections de poivre rose.....

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 01:00


Au temps d'avant la virtualité, j'étais vendeuse d'images. J'exerçais dans un petit immeuble face à l'entrée des jardins du Palais Royal à Paris et j'ai terminé ma carrière cours du Chapeau Rouge à Bordeaux. C'est  à cette époque que j'ai fait la connaissance de Gala.

Elle exerçait rue des Remparts, elle était vendeuse d'histoires.

J'étais diplômée de l'université du Ciel, située dans le quarier des Buttes Chaumont à Paris, j'ai soutenu une thèse de Doctorat en imagination dans les années quatre vingt. C'est Amatchi, ma grand-mère qui m'avait inscrite à l'Université du Ciel, elle voulait que je fréquente la meilleure université parisienne.

A cette époque, les études en imagination étaient assez difficiles car le cursus se composait des sciences du cerveau, de cinéma, de dessin et de jardinage, c'était chargé mais passionnant.

J'ai longtemps hésité pour le sujet de ma thèse entre la formation de l'image chez l'enfant dans les deux premières années et l'image du thé.

Mon directeur de recherche était le célèbre professeur Thong, asiatique et buveur de thé, son influence fut décisive dans mon choix mais il est mort d'une overdose d'images avant ma soutenance et j'ai du rechercher un autre directeur.

C'est le professeur Kewickz qui dirigea mes derniers travaux mais en tant que polonais et buveur de houblon, il n'était pas très passionné par mon sujet......


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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 05:00


La vendeuse de légumes sourit.
Le livreur de lait chante.
Le berger siffle.
L'enfant joue au ballon.
Le chat se lèche.

Le philosophe se questionne sur le sens de la vie.

Le sage sourit à la vendeuse de légumes, écoute le livreur chanter, entend le berger siffler et regarde le chat et l'enfant.
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 06:00
L'ours à lunettes est parti tôt ce matin. La nuit a été glaciale. Quand il arrive au pied de l'arbre, il grimpe à son sommet, sa nourriture se trouve là, dans la canopée. Il recherche sa plante préférée afin d'en prélever le coeur gorgé de sucre.

La grenouille n'aime pas l'ours à lunettes. Elle habite dans la plante préférée de l'ours dans ses cavités remplies d'eau. Ce matin, l'ours a détruit les étangs à grenouilles.

Scène quotidienne de la vie dans la cordillère des Andes.
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 12:00
Hémiphère nord, Europe, France, Dordogne, bastide du sud périgord, bar du centre, dimanche matin entre dix heures et midi. En hiver, toujours la même table, celle de droite, en entrant. En été, la table qui est libre, les touristes étant revenus. Ils sont sept, six hommes et une femme. Des voix feutrées à l'accent du sud pour cinq hommes, deux voix gouailleuses à l'accent parisien, le septième homme et la femme, un couple revenu au pays après les années  qui leur ont fait perdre la trace orale de leur origine. Sur la table, six verres, six galopins pour les hommes et un café pour la femme. Discussion autour du changement d'heure en cette fin de mars. Moyenne d'âge : soixante ans. Accoudés au bar : quatre hommes, une femme et une petite fille, de jeunes quadragénaires en discussion sur le changement de l'heure. La relève.
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 07:40

Une lumière sans paroles. Les mots des gens du sud et la fête. Dax, Bayonne, Uzeste et les autres, des rendez-vous chez soi. Musique, musique, musique et le chaud du soleil. La vie comme elle s'offre. Douce et ennivrante. Paisible et chaude. Les voix feutrées des hommes. Le soupçon italien des femmes. Le prétexte à se réunir pour les uns. Le bonheur de se vêtir pour les autres. Comme un décalage de la discrétion des hommes et de la beauté des femmes. La tradition des rôles. Le sud se conserve. Le sud n'oublie pas. Le sud vit ses attaches. Le patrimoine se dit, se lit, se vit. Le soleil entretient le patrimoine. Les saisons se dessinent sous son ombre, souvent.

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 16:17

Le soleil envahit septembre et la douceur fidélise cette ville du sud. La vie circule. Comme je l'aime, simple, gaie, discrète et festive à la fois. L'unique petite fille de la fête esquisse un pas de danse devant des parents au bonheur naïf. L'ami d'enfance se révèle être un magicien, ceux dont la générosité est à préserver. La vie se joue. Chaude, calme, élégante comme j'essaie de la vivre. L'énergie du vieux danseur étonne. Son corps épouse la musique. La vie se chante. La fille slave si sage, devient un corps en transe. L'âme mélancolique de l'Europe des Balkans me pousse au seuil de ma mémoire familiale. La vie est belle. Comme cette jeune femme, reine du jour, de ce samedi de septembre dans le sud. La mariée était en rouge. La vie se vit.
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